Après 3 saisons, mes fraisiers s'épuisaient. J'ai tout repris à zéro : retrait des anciens plants, préparation du substrat, replantation. Voici comment j'ai procédé.

Trois saisons, c’est la durée de vie utile d’un bac de fraisiers. Passé ce cap, la production chute, les plants s’affaiblissent, les stolons partent dans tous les sens sans vraiment donner de résultat. Cette année, j’ai tout remis à plat.

Pourquoi renouveler après 3 ans

Les fraisiers ne sont pas des plantes vivaces productives indéfiniment. Avec les années, la plante mère s’épuise : elle investit son énergie dans les stolons plutôt que dans les fruits, et sa résistance aux maladies diminue. Les signes qui m’ont décidé à agir : des fraises plus petites, moins nombreuses, et des plants qui partaient dans tous les sens sans vigueur.

Renouveler, c’est aussi l’occasion de corriger le substrat, de repositionner les plants correctement et de repartir sur des variétés qu’on choisit en connaissance de cause.

Retirer les anciens plants

J’ai commencé par arracher l’ensemble du contenu du bac. Même les plants qui semblaient encore corrects. À ce stade, le substrat est autant épuisé que les plants, ça ne sert à rien de garder la moitié.

Quelques stolons des meilleurs plants avaient été mis en godet l’été dernier. Ceux-là, je les garde pour replanter. Tous les autres partent au compost.

Préparer le substrat

Le substrat d’un bac de fraisiers doit être drainant, frais et riche. Après 3 ans d’utilisation, le substrat s’est tassé, appauvri et perd ses qualités drainantes.

Premier travail : casser les grosses mottes du vieux substrat compacté avec un croc, puis affiner la surface au râteau. J’utilise une tête râteau 14 dents – 35 cm Multi-Star (DRM35) montée sur un manche en bois 1,70 m Multi-Star (ZM170). Deux outils basiques mais suffisants pour ce genre de chantier.

Travail du vieux substrat au croc dans un bac de fraisiers, au potager breton.

Je l’ai ensuite remplacé par un mélange :

  • 2/3 de terreau de plantation
  • 1/3 de compost maison
  • Une poignée de sable grossier pour alléger
  • Du fumier de ferme en granulés pour la richesse de fond, un sac de 20 kg INVIVO pris chez Jardiland

J’ai vérifié que le fond du bac évacue bien l’eau avant de remplir. Les fraisiers ne supportent pas l’eau stagnante, c’est la porte ouverte au botrytis.

Préparation du nouveau substrat avec un sac de terreau de plantation dans le bac de fraisiers.

Replanter

La règle principale : le collet doit être exactement au niveau du sol. Ni enterré (risque de pourriture), ni trop haut (dessèchement). C’est l’erreur la plus fréquente et elle compromet toute la reprise.

Espacement : 25 cm entre les plants dans le bac. Suffisant pour que l’air circule et que chaque plant ait sa place sans compétition.

Après plantation, arrosage au pied, copieux pour l’installation, mais sans mouiller les feuilles.

Les variétés choisies

Pour ce bac, il me fallait 23 plants. Je les ai répartis sur trois variétés complémentaires, en piochant chez plusieurs fournisseurs selon les prix et la disponibilité :

  • Ostara (12 plants) : remontante, productive sur deux vagues (juin et août-octobre). Mon choix principal pour le rendement. Trouvés chez Lidl à un prix imbattable : 8 € les 12 plants. À ce tarif, je tente le coup, on verra ce que ça donne à la production.
  • Charlotte (7 plants) : bonne tenue, sucrée, équilibrée entre goût et quantité. Achetés chez Mérel Horticulture, à 2,50 € le plant.
  • Mara des Bois (4 plants) : parfum de fraise des bois incomparable. Moins productive, mais irremplaçable pour manger frais. Pris chez Jardiland.

Pour un bac, mélanger différentes variétés permet de varier les saveurs et, je pense, de réduire les maladies.

Organisation du bac

J’ai disposé les plants en quinconce sur quatre rangs pour maximiser la densité sans gêner l’accès. Je n’ai pas particulièrement fait attention à la disposition, mais j’ai essayé autant que possible de ne pas regrouper les mêmes variétés au même endroit.

Pour la couverture du sol, j’ai posé une bâche tissée (90 g/m²) prise chez Mérel Horticulture pour 4 €. Je perce simplement un trou au niveau de chaque plant avec mon couteau suisse. Elle bloque les adventices, maintient l’humidité, protège les fruits du contact avec le substrat et limite les projections de terre lors de l’arrosage.

Pose de la bâche tissée sur le bac de fraisiers fraîchement replantés.

Ce qu’on peut attendre la première saison

La première année après renouvellement, la production est volontairement réduite. Les plants remontants donneront une première vague en juin et une deuxième à l’automne, mais en quantité moindre qu’une plante établie.

C’est normal, l’objectif de cette première saison est l’enracinement et la vigueur. La vraie production, abondante et régulière, arrive à partir de la deuxième saison.

Pour tout ce qui concerne les variétés, l’entretien et la culture générale des fraisiers, je renvoie vers l’article complet : Fraisiers : culture en bac ou en pleine terre.

Arrosage des jeunes plants de fraisiers à travers la bâche tissée, juste après la replantation.